Résumé

Jean est spirituellement piégé par ses collègues et travaille à côté d’eux sans le moindre soupçon de ce qu’ils sont réellement. Sa situation s’aggrave, se dégrade et s’empire au point qu’il hallucine et reçoit du secours de l’Invisible. Ne comprenant pas qui vient à son secours, il n’en fait aucun cas cependant. C’est après que Dieu lui accorde la délivrance, qu’il découvre, au détour d’un couloir, quelles sont les intentions de ses collaborateurs. Que fera-t-il ?

Couverture

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Début de la nouvelle

Il y a des souffrances dures, agaçantes et tenaces ; des souffrances au caractère turbulent et sournois, qui vous surprennent et vous traumatisent, au point où le désespoir et la mort seuls triompheraient, si Dieu n’intervient pas pour vous sauver des flammes.

Ma peine était grande. Six mois déjà que ça durait. Soupirant après le répit qui serait proche, une sœur de l’église aggrava mes craintes plutôt, par une révélation qu’elle avait reçue en rêve me concernant. En la matière, sa réputation la précédait. « Ses révélations s’accomplissent toujours, » disait-on à l’église. Elle affirma ce jour-là m’avoir vu en rêve dans une détresse inhumaine. D’un air effrayé, elle dit précisément : 

― Frère Jean, dis-moi : qu’est-ce qu’il y a ?  Est-ce que ça va ? Est-ce que tu vas bien ? J’ai fait un rêve grave il y a deux jours déjà et dans ce rêve, je te voyais souffrir terriblement. Ta peine était grande et atroce, et tu rencontrais l’adversité partout ; eh ! Seigneur ! Je prie que le Seigneur vienne à ton secours. 

― Ça va, le Seigneur est fidèle, répondis-je.

Son alerte sonna comme une menace ; comme une annonce de défaite et je m’efforçai de me contenir. Cependant, la pression se fit dans ma pensée et sur mes lèvres. Malgré l’intensité émotive lisible dans son humeur, je refusai d’adhérer à sa renommée. Aussi, voulant évacuer ses menaces, je demandai :

― Qu’est-ce qui vous fait croire que votre rêve vient de Dieu ?

― A-Ah ! Je ne cherche pas à vous effrayer ! Je dis les choses comme je les reçois. C’est à vous d’interroger le Seigneur, expliqua-t-elle.

― Interroger le Seigneur pour quoi ? Jésus-Christ demande de marcher selon Sa Parole et non selon les rêves.

― Que la paix soit avec vous frère. Je ne cherche que la volonté de Dieu. Que ce rêve soit pour vos ennemis et ne soient en rien le reflet d’aucun futur vous concernant. Jésus est fidèle et la Bible déclare que Dieu ne fait rien sans avertir ses enfants. 

« Dieu lui-même vous conduira. Si le rêve vient de Lui, Il vous préparera d’avance et vous fortifiera. Dans le cas contraire, ne vous inquiétez pas.

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― Ne pas m’inquiéter ? Vous savez dans quelle galère je vis depuis des mois et vous parlez de m’inquiéter ? Vous êtes une fausse prophétesse à ce qui me semble. Dieu dit : « Que votre cœur ne se trouble point, » et vous venez de troubler le mien. Il dit de ne point s’inquiéter ; vous venez de semer la crainte en moi. La Parole de Dieu demande à la femme de se taire dans l’Eglise ; il me semble que vous devriez vous taire.

La sœur Linda se mit à trembler suite à mes propos, mais osa encore, cette fois d’une voix troublée :

― Excusez-moi frère, si je vous ai offensé… ; ce n’était pas mon intention…

― Vous êtes excusée, répondis-je, je sais que vous avez une réputation redoutable. Peut-être que je vous aurais compris si vous aviez dit les choses autrement ! Je vous supplie de m’excuser aussi. Que Dieu nous aide.

Je me sentis bien malheureux après cet échange. Son amie avait écouté en silence, sans dire mot. La sœur avait-elle dit juste ou pas ? A cette date là, j’en avais déjà assez. J’avais besoin d’encouragements et non d’assommoirs. Ce jour-là, mon amertume me trahit manifestement, car même si sa révélation était fausse ; je n’avais point besoin de la résister. Surtout qu’elle avait essayé de relativiser : « si le rêve vient de Lui, Il vous préparera d’avance et vous fortifiera, » avait-elle ajouté. Ce qui d’ailleurs ne justifie rien car peut-on relativiser les prophéties de Dieu ? Un prophète parlera-t-il avec des « si » ?

La sœur connaissait ce que je traversais. Des mois avant sa révélation, je luttais déjà dans la prière. J’avais déjà sollicité maintes fois le secours du groupe de prières et je me souviens entre autres avoir demandé pendant une des réunions : « Priez encore pour moi car ça ne va pas. Jusqu’à présent, dans mes rêves, je vois ma chambre comme ouverte, les gens y passent, entrent et sortent librement et je ne comprends pas. Il se pourrait que ces rêves soient anodins pour certains mais ils m’inquiètent. Je ne dors plus bien ; je sursaute régulièrement et mon cœur bat vite à chaque réveil. Je somnole au travail et même maintenant à l’église. » Cette énième demande avait eu lieu deux semaines seulement avant ses révélations.

Son rêve s’est-il accompli ? Je ne puis dire. La détresse vécue par la suite fut certes intense et douloureuse ; mais elle ne rencontra pas les caractéristiques de la galère annoncée. Ou plutôt, les détails de la vision de la sœur n’étaient pas assez précis pour que je pusse évaluer son accomplissement.

Après le heurt avec la sœur Linda, je préférai m’attacher davantage à la Parole de Dieu. Avant l’incident, la Parole était déjà mon refuge.  Elle seule m’aidait à relever la tête après la laideur des cauchemars. Par Elle, je relativisais les agressions nocturnes et me détachais de la pression des circonstances. Même si je ne comprenais pas encore comment vaincre les cauchemars et les oppressions dans mes sommeils, la Parole de Dieu m’aidait toutefois à garder le bon sens et à ne pas céder complètement à la panique. 

Dans mes lectures bibliques, je tombais par moments sur les prières de détresse du roi David dans les psaumes ; en d’autres moments sur les souffrances de Job qui dit par exemple : « Quand je dis : mon lit me soulagera, ma couche calmera mes douleurs, c'est alors que tu m'effraies par des songes, que tu m'épouvantes par des visions. Ah ! Je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os ! »

Les textes de ces deux serviteurs sont de ceux qui m’aidaient fréquemment à surmonter mes frayeurs et mes doutes. C’est curieux ce que l’homme est fragile ! J’avais tous les jours besoin de les relire afin de ne pas sombrer car tous mes réveils étaient quasi égaux en frayeurs. Tous les jours, je me réveillais terrorisé. Les cauchemars dévastaient mon âme et l’adaptation à la vie réelle était à refaire. Chaque réveil avait ses exigences et mon âme devait tous les jours savoir trouver du recours dans la Parole de Dieu. 

Les expériences de David et de Job m’informaient que ce que je vivais était humain. Leurs tribulations vaincues m’annonçaient que Dieu qui les a délivrés saura un jour me donner pleine victoire. Dans mon cas, la lutte contre les frayeurs nocturnes sembla longue et insurmontable.

Trois mois environs après l’alerte de la sœur Linda, ma situation s’empira et je commençai à être en retard au bureau. Auparavant jovial et fervent d’esprit, j’étais maintenant triste, timide et inquiet. Les oppressions du monde invisible avaient fait du chemin et j’en portais maintenant des séquelles.

Suite à cette dégradation, je commençai à me sentir coupable, coupable de quoi, je ne sais. Dès les premières semaines de ma galère, des voix autorisées m’avaient suggéré de mettre ma vie en ordre. Selon eux, un péché caché ou ignoré était la cause de mon mal. Convaincu comme Job de mon innocence, j’avais rabroué ces suggestions sans hésiter, « Dieu connaît tout, » avais-je fréquemment répondu. 

Mais après coup, je n’en pouvais plus. Mon assurance perdit sa fermeté et la résistance de mes troubles me força à l’auto-jugement. Le doute ayant pris le dessus, je me mis à considérer l’alternative du péché caché. 

Je scrutai ma conscience pendant des jours. Je jugeai mes actes et mes gestes au travail, à l’église, dans mes relations, dans ma famille. Quel péché avais-je négligé qui bloquait l’intervention de Dieu dans ma détresse ? 

Je suivis cette démarche pendant près de dix jours et l’abandonnai. Au cours de l’examen, je ne détectai point de pensée, d’attitude ou de comportement coupable. Le souvenir des enseignements d’un auteur sur la fausse culpabilité me résolut à mettre de côté cette recherche. Selon ses enseignements, la culpabilité qui vient du Saint-Esprit pointe directement sur la faute, car elle envisage la guérison de l’âme. La confession de tel péché produit la guérison immédiate. Par contre, la fausse culpabilité ne vient pas de Dieu et a pour mission de troubler, d’embrouiller, de créer le malaise et la confusion ; ce que Dieu ne saurait faire dans la vie de ses enfants. 

Après cet épisode, je recourus à internet pour d’autres voies de solution. Après trois jours de recherche, le Hatha Yoga retint mon attention. 

Pour un confort excellent du sommeil, le site suggérait de faire certains exercices gymniques au quotidien (les yogi appellent ces exercices asanas). Ce que j’essayai aussitôt. Les asanas étaient faciles. J’en faisais le matin pendant trente minutes et le soir après le bureau et l’église (les jours où il y avait réunion). A côté de ces exercices physiques, je faisais des exercices de respiration et de relaxation pendant les quinze – vingt  minutes qui précédaient le coucher (les yogi les appellent pranayama). 

Mes sommeils devinrent agréables pendant les deux premières semaines. Durant la troisième semaine, quelque chose de bizarre se produisit. Non seulement les cauchemars revinrent plus fréquents mais ils étaient plus effrayants. C’étaient des hindous que je voyais, qui me menaçaient. C’étaient des yogis hindous qui me torturaient avec des serpents ; c’étaient des égarements dans des temples bouddhistes. 

Suite à cette tournure des cauchemars, je donnai, tout bonnement le sujet de prière comme c’était devenu habituel pour moi, ajoutant cet aspect de changement de contenu des rêves. Un frère intervint immédiatement, avant qu’on n’eût prié :

― Le yoga n’est pas conseillé au chrétien ; c’est une pratique païenne qui s’oppose au salut de Dieu en Jésus-Christ, dit-il. 

― Mais comment expliquer le Yoga Chrétien ? demandai-je.

― Bouddha est un faux prophète ; plus exactement un faux Christ. Ses enseignements ne peuvent s’accommoder avec la doctrine chrétienne. La Bible ne parle nulle part de karma comme voie de salut ; ni du besoin d’esprits guides personnels pour nous conduire dans l’élévation spirituelle. Or les guides spirituels sont illimités en nombre dans le yoga, expliqua-t-il.

― Oui, mais il y a le Saint-Esprit chez les chrétiens qui est leur guide aussi ! Il y a les saints et les anges. Il y a bien convergences de vues ! m’efforçai-je de démontrer.

― Je corrige, reprit le frère, un seul est guide des chrétiens. C’est Jésus-Christ. L’Esprit-Saint est l’Esprit du Christ, encore appelé l’Esprit de vérité. Ce seul Esprit habite tous les chrétiens et conduit les chrétiens dans l’obéissance aux enseignements du Christ. Quant aux anges, ils n’exécutent que la volonté du Saint-Esprit ; ni plus, ni moins. Garde-toi du yoga et tu t’en porteras bien frère, exhorta-t-il.

Je ne dis plus mot ; mais mécontent, je l’étais. J’étais choqué et je jugeai les propos du frère extrémistes, voire sectaires. Je le trouvai déphasé ; par contre, je perdis ma paix suite à ses explications. 

Je l’interpelai à la fin de la réunion et son témoignage fut plus troublant. Il m’informa qu’il avait pratiqué le Hatha yoga pendant plus de trois ans, jusqu’à l’initiation à la méditation transcendantale. Il avait aussi pratiqué le Tantra yoga. Le frère me donna en peu de temps tant d’arguments que je dus me rendre. 

C’est dans cet échange qu’il me révéla que certaines postures du yoga sont des incantations gestuelles ; et que l’initiation à la méditation transcendantale est l’occasion d’inviter un esprit guide à venir s’incorporer dans l’initié. Au cours de son initiation, il avait reçu un nom hindou et c’est avec ce nom qu’il était appelé par ses pairs yogis. Il acheva sa dissuasion en m’informant qu’il dut passer par une séance de délivrance après sa conversion ; exorcisme durant lequel plusieurs démons aux noms hindous avaient été chassés. 

A ses explications, je compris que je n’avais pas d’autre choix que de confesser mon égarement et demander pardon à Dieu. 

Après m’être réconcilié avec Dieu, ma nuit fut calme et je dormis bien. J’interprétai précipitamment ma douce nuit comme un triomphe définitif sur les cauchemars ; peut-être parce qu’elle faisait suite à ma repentance ? 

Dans la journée je déjeunai avec Monsieur Latin, le Directeur Commercial. Le répit de la nuit me garda d’évoquer mes peines. 

― Sais-tu que la Secrétaire et l’Assistant du DG ne se parlent plus depuis deux semaines ? Monsieur Latin demanda.

― Quel est le problème ? demandai-je.

― Elle aurait proposé de virer l’Assistant et malheureusement, l’Assistant l’a appris.

― Mais quel est son problème ? L’assistant est vachement compétent à ce que je sache. Et puis, c’est toujours lui le premier à l’entreprise chaque matin.

― Ce qui l’a sauvé, c’est qu’il est l’ami du grand-frère du boss, et c’est ce grand-frère qui aurait donné les ¾ du capital ; tu vois que l’opportuniste a mal visé son tir !

― Jusqu’ici je ne comprends pas, quelles sont ses raisons pour…-

― Laisse-moi avec tes questions, les gens n’aiment pas les gens, c’est la vie.

― Oui, mais faire du mal sans raison est dangereux, la justice de Dieu frappe tôt ou tard.

― Te voilà, le religieux, les intérêts ont parlé ici. Apparemment, la secrétaire ne pèse pas comme elle le pense ; d’après la rumeur, c’est elle qui risque partir. Ha ! Ha ! Ce sera l’histoire du chasseur chassé.

― Tu sais, trahir son collègue ou son ami est la pire des décisions qu’un humain puisse prendre ; Dieu nous met ensemble pour un but positif !

― Où vas-tu trouver la fidélité dans le monde du travail où les intimes amis se trahissent sans scrupules ? 

― Les collègues doivent se soutenir et se faire du bien. Vu qu’ils passent leurs journées ensemble et ce pendant des années. C’est si beau d’avoir des collègues-amis sur lesquels on peut compter !

― Ha ! Ha ! Ha ! De belles leçons de morale ! Chaque homme sur terre cherche son chemin… compte sur ton frère et il va te décevoir… Mieux vaut compter sur Dieu.

― Ah ! Vous connaissez Dieu ? Je ne vous ai jamais entendu parler, ni de Dieu, ni de Jésus-Christ. Dites-moi comment vous faites pour compter sur Dieu ?

― La foi d’un homme est dans son cœur. Je ne suis pas comme ceux qui passent toutes leurs pauses à prêcher aux collègues. Dieu est très bon et très grand pour qu’on prononce son nom à tort et à travers. Je sais compter sur Dieu à ma façon.

― Mais la foi d’un homme transparaît dans son comportement extérieur ! Je suis d’accord avec vous que la foi ne se bavarde pas ; mais au moins se manifeste-t-elle dans les œuvres !

― Qu’est-ce que tu me reproches ? Ne sais-tu pas que c’est grâce à moi que cette entreprise est debout ? Sans moi, elle aurait coulé depuis trois ans. Tu penses que si je ne craignais pas Dieu, j’allais travailler pour le boss comme je le fais ?

― Ouaouh ! Je ne savais rien de ce que vous dites…

― C’est pourquoi il ne faut jamais critiquer la foi des autres. Je suis un bon croyant et Dieu connaît mes bonnes œuvres.

― Je ne vous juge pas, c’est simplement que je tenais à préciser que la foi, même discrète, se manifestera dans des actes agréables-

― C’est ce qui est dégoutant chez les gens comme vous. Vous ne connaissez rien de Dieu et vous pensez que c’est vous seul qui comprenez Dieu. Dieu sait que je suis un homme bon et honnête.

― Mais Jésus dit bien que Dieu seul est bon. Comment donc dites-vous que vous êtes bon ?

― Voilà pourquoi on ne peut bavarder un instant avec votre genre de personne. Vous jugez les autres et ne cherchez que leurs défauts. C’est grâce à mes stratégies que l’entreprise paie vos salaires et fait des bénéfices ; comment oses-tu douter de ma bonté ?

― Ecoutez-moi Monsieur Latin, je ne vous critique pas ; j’attire plutôt votre attention sur l’humilité. Le miel ne se dit pas doux ; c’est aux autres d’apprécier votre bonté.

― Je savais qu’on allait arriver là, vous ne voyez que des défauts chez les autres…

La conversation se coinça ; faute de locuteur, nous finîmes nos repas dans le silence.

La nuit du vendredi renoua avec les cauchemars. Le sommeil confortable ne se reproduisit pas. Je dormis à peine et ne pus m’empêcher de somnoler au bureau. 

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Nous étions samedi et il y avait des dossiers à classer. Je ne pus faire quoi que ce soit tant j’étais épuisé et affaibli. J’avais mal à la tête aussi.

Avant la séparation, mon collègue Moussa me proposa les racines d’une plante qui l’avait soulagé quelques années plus tôt. Sans hésiter, nous descendîmes chez un herboriste et je rentrai avec le produit. C’est une poudre qu’il fallait diluer dans de l’eau chaude et boire une heure avant d’aller au lit. 

C’est avec empressement que j’attendis l’heure du sommeil. Je fis le dosage suivant les indications du docteur des plantes et je bus la boisson dès qu’elle fut devenue tiède. 

Assis sur le bord du lit pour prier, la fatigue eut le dessus et je m’endormis aussitôt. Le lendemain matin, je me réveillai confus. Que s’était-il passé ? Je n’en sais rien. J’avais certainement dormi ; bien dormi ou mal dormi, je ne pus dire. Je manquai d’assurance. Je redoutai que quelque chose d’inconnu se fût produite pendant le sommeil. J’avais l’impression d’avoir échappé à la mort. Qui allait m’aider à comprendre ?

C’était un dimanche et j’allai à l’église. 

Tout se passa bien, comme à l’habitude. 

A la fin du culte, la sœur Linda s’approcha de moi et insista sur la continuité des révélations qu’elle recevait me concernant. 

Au regard de ma précédente réaction à ses révélations, je fus surpris par son courage à m’adresser encore des alertes.

― Frère, j’espère que vous tenez bon, demanda-t-elle.

― Ça va, répondis-je, apparemment vous avez encore reçu des révélations…

― En fait, je crains votre réaction depuis la dernière fois ; sinon que vous avez besoin de courage.

― Si vous pouvez me dire exactement ce que Dieu vous a annoncé, vous m’aiderez mieux !

― Je… euh… Je n’ai rien reçu de précis, mais vous devez être forts. Vous pouvez commencer par demander que Dieu vous révèle les choses cachées qui nuisent à votre vie... Que Dieu vous aide.

Le pire était encore à venir à en croire la gravité de son alerte. Parce que sa prophétie n’avait pas d’indication de solution précise, je résolus de prier encore plus et de toujours compter sur Dieu. Que fomentait l’invisible contre l’âme épuisée que j’étais ? Qu’allait-il m’arriver donc ?

Après la sœur Linda, un frère se préoccupa de ma santé et me proposa une séance de prières avec lui, chez moi, dans la soirée. J’acceptai et tout se passa sans grande originalité. 

Je fus cependant piqué par sa façon de prier, mais enfin ! Y a-t-il une façon singulière d’invoquer Dieu ? C’est vrai qu’il venait d’arriver à l’église et qu’il n’avait pas d’attitude qui pût inspirer méfiance ; du moins à cette date-là.

Aux environs de vingt-et-une heures, je pris la boisson de racines et je pus attendre une heure cette fois. Peu après vingt-deux heures, j’allai me coucher. 

Le sommeil se fit absent toute la nuit. 

Afin de tenir au travail, je pris du paracétamol. Le collègue ne me demanda rien de l’effet de son produit. Je jugeai bon de le remercier cependant. Mais comment mentir ? Je lui expliquai l’effet opposé des deux nuits. Sur quoi, il me dit :

― J’espère que les esprits de tes ancêtres ne sont pas fâchés contre toi. 

― Quel rapport avec mes ancêtres ? demandai-je.

― Les racines étaient supposées agir, dit-il.

― Et alors ? Où est la faute des ancêtres ici ?

― Tant qu’ils sont mécontents de toi, rien ne marchera ; Dieu ne bénit pas les enfants rebelles.

― Tu me fais vraiment pitié ! Ton constat est d’une stupidité !

― En fait, je te suggère juste de ne jamais oublier les sacrifices aux ancêtres au cas où tu les négligerais…

― Les morts n’ont pas de relation avec les vivants  et tu dois arrêter de t’embrouiller…

― Je suis désolé ; je suis musulman et notre religion reconnaît le culte des ancêtres ; c’est à toi de changer.

― Tes propos sonnent très faux ! L’Islam est fondé sur les enseignements de Moïse et de Jésus, même comme il croit en Mohamed comme dernier prophète. En sorte que le Coran devrait logiquement catégoriser le culte des ancêtres comme païen.

― Ah !... Euh !... Je… Je ne sais pas…

― Tu es simplement un faux musulman qui fait honte à l’Islam. Va d’abord étudier ton Coran avant d’en ajouter à ma confusion.

― Puisque tu connais tant de l’Islam, pourquoi tu ne deviens pas musulman ?

― Ne change pas le sujet ; je voulais t’informer que les racines de ton herboriste sont non seulement inefficaces, mais seraient même toxiques ; je vais encore plus mal maintenant.

― Si tu veux… Pourquoi ne pas y retourner à la descente ? Peut-être qu’il s’est trompé de produit…

― Plus jamais je n’y mettrai les pieds ; je ne suis pas son cobaye pour tester l’efficience de ses produits ; et si j’en mourais ?

Mon collègue ne dit plus rien et s’éloigna. 

Je travaillai avec peine, désirant ardemment la fin de la journée.

La nuit, je ne pus dormir non plus. 

Le lendemain, alors que j’allais au boulot, j’hallucinai. Oui ; je puis dire aujourd’hui que j’hallucinai. Je vis des personnes me bloquer l’accès de l’entreprise. Ils étaient au nombre de trois. Ils apparurent subitement alors que j’étais à dix mètres environ des escaliers donnant à notre immeuble. Messagers de Dieu ou illusions ? Je n’étais pas d’humeur à analyser sur le coup. 

Je cherchai à les contourner une fois, deux fois, trois fois ; mais en vain. Ils étaient immobiles et ne me combattirent pas. Cependant, je ne parvins pas à dépasser leur niveau. Après le troisième essai, j’entendis une voix tierce me demander : « Où vas-tu ? »

Pour un chemin que je prenais tous les jours, la question était surprenante. « Qui est-ce ? Que se passe-t-il ? Que m’arrive-t-il ?... » A me poser des questions, mes pieds faillirent. Alors que je perdais équilibre, mes yeux s'éblouirent et je tendis la main pour chercher un appui. Ma main droite rencontra une piétonne, une femme que je ne saurai décrire à ce jour. Elle s’énerva :

― C’est comme ça que ça commence. Si on t’a envoûté, va te faire délivrer ! Tu n’as pas honte ! gronda-t-elle

Je m’assis à même le sol, ma mallette sur le côté. La voix que j’avais entendue plus tôt parla à nouveau :

« Si tu veux vivre, rentre chez toi. »

 « Doux  Jésus ! Où es-tu pour me protéger ? » demandai-je. « Cette voix est-elle celle de ton Saint-Esprit ?  Pourquoi ne m’as-tu pas empêché de quitter la maison s’il y avait un danger sur mon chemin ? » mes questions restèrent sans réponse.

M’étant senti mieux après quelques instants, je me relevai. Ceux qui m’avaient empêché de passer n’étaient plus là et je m’engageai à nouveau vers les escaliers donnant à l’immeuble de nos bureaux. C’est alors que je m’écroulai et ne pouvais rien voir. La voix résonna une troisième fois :

« Rentre chez toi si tu tiens à la vie. »

Dès que je revins à moi cette fois, je me résignai. « Mais que répondrai-je à mes supérieurs ? Et s’ils m’appelaient au téléphone, quelle raison donnerai-je ? » Je décidai d’écouter l’invisible voix. J’étais à la cinquième mise en garde. 

Je résolus donc de rentrer. Aussitôt ma résolution prise, ma vue devint claire. Un peu embêté mais refusant de penser, je pris le retour. Hésitant malgré moi car ma décision quoique salutaire à mes yeux pouvait être objectée.

Je traversai le goudron, me mis en position de stopper un taxi quand ma pensée bondit sur l’insomnie. « Et si le manque de sommeil des deux derniers jours était la cause de ces visions, vertiges et hallucinations auditives ? » Je changeai encore d’avis et voulus atteindre le bureau, quitte à demander une permission pour aller me reposer. 

Aussitôt pensé, j’engageai à nouveau la traversée de la route.

Je me réveillai deux jours plus tard à l’hôpital. Sur mon compte, j’avais trente-six heures de sommeil continu. A mon second réveil, l’ami qui avait prié avec moi le dimanche (c’est-à-dire deux jours avant l’accident) était là, assis sur une chaise, près de mon chevet. 

― Tu es mort, me dit-il.

J’accueillis très mal ses propos et refusai de les examiner. Je décidai plutôt d’encadrer la conversation.

― Qui d’autre est venu depuis que je suis ici ? demandai-je.

Il ne répondit pas. 

― Comment suis-je arrivé ici ? demandai-je.

Il ne répondit rien.

― Que s’est-il passé ?

― Tu es mort et je dois prier pour toi, répondit-il.

A son insistance sur ma mort, je perdis toute motivation à parler. Son attitude était suspecte. « Comment me dit-il que je suis mort alors que je me vois bien vivant ? » critiquai-je silencieux. Je demandai mon téléphone. Sur quoi il me répondit laconique :

― Tu ne peux plus téléphoner. 

Je devins méfiant et taciturne. Par contre, mes pensées ne se turent point. « Et si j’étais vraiment mort ? Ai-je dormi pendant trente-six heures ou suis-je mort depuis trente-six heures ? Peut-être suis-je mort ; sinon pourquoi m’interdire le téléphone ? » 

Je retraçai les derniers événements dont je me souvenais encore : les avertissements devant l’immeuble de l’entreprise, le mouvement pour le retour à la maison, la traversée du goudron… « Juste un accident on dirait. »

Je cherchai à bouger mon corps. Je constatai une petite plaie sous le coude droit. « J’ai peut-être échappé à un accident mortel. Mais tout a l’air normal. » Agacé par la présence de mon prieur, je lui demandai s’il n’allait pas au travail. Sur quoi il me dit être libre d’y aller quand il voudrait, comme il voudrait. 

Je sentis la faim me tenailler les intestins. « Si j’étais mort comme cet homme le dit, sentirais-je la faim ? Un mort connaît-il la sensation de faim ? » Je m’interdis de dire mot sur ma faim et recourus à la prière. 

« Oui prier ; même si les exaucements semblent rares. Jésus est fidèle par-dessus tout. Et même si la souffrance m’a torturé durant ces longs mois, il est sage de prier. Surtout maintenant, devant ce frère aux propos intrigants et aux intentions douteuses : tu es mort, tu ne peux téléphoner… ; depuis quand ? »

Mes yeux fermés et mes lèvres en repos, j’invoquai l’Eternel en esprit. J’avais besoin qu’Il ouvrit mon entendement. « Celui-ci qui est près de moi, est-il Son envoyé ou un ennemi déguisé en brebis ? » J’avais besoin de voir clair sur son identité spirituelle.  

Je priai encore car je désirais aussi comprendre si les hallucinations et les vertiges étaient des avertissements de Sa part ou des subterfuges du malin pour augmenter à ma détresse. 

« Si j’étais mort, je ne serais plus à même de prier. Les témoignages de chrétiens ressuscités disent qu’ils pouvaient voir leurs corps physiques après la mort. Or, je sens encore le mien. Je sens les odeurs de l’hôpital, j’entends le bruit des pas dans le couloir. Peut-être même que le médecin me dira davantage sur ma situation lors de sa prochaine tournée… »

A observer mes pensées, la contradiction s’affichait entre les dires de l’ami et la probable vérité. Par exemple, l’ami ne savait rien de ce que le médecin m’avait déjà dit : « Tu dors depuis trente-six heures. » Si j’étais mort, il n’aurait certainement pas parlé de trente-six heures de sommeil !

A force de prier, je m’endormis. En songe, je vis mon garde-malade habillé d’une longue robe couleur blanc-or, capuce noire. Dans le rêve, il dirigeait une réunion d’une vingtaine de personnes et ils y échangeaient sur des stratégies pour déstabiliser les véritables chrétiens.

Je sursautai. Il était toujours là. Cette fois occupé à compter un petit chapelet. Il dissimula le chapelet, mais après que mes yeux l’eurent perçu. Embarrassé et confus, il se mit à expliquer comme quoi, il l’avait acheté chez un prophète. Et le chapelet, d’après lui, permettait d’avoir tout ce qu’on demanderait à Dieu. 

L’explication rendit son cas plus suspect. Telle doctrine n’est pas de notre assemblée car à l’église, le pasteur insiste toujours que Dieu est Esprit et vérité ; et que le chrétien n’a plus besoin d’un support physique ou même d’une posture particulière pour invoquer Dieu. Je ne dis rien de son chapelet mais mon attitude lui indiqua ma désapprobation.

Il était 12h30 quand quelqu’un frappa à la porte. C’était le pasteur. Surpris par la visite inattendue, mon gardien devint embrouillé. Son sourire au pasteur ressembla plus à une grimace qu’à un sourire d’accueil et de bienvenue. Il s’en alla quelques instants seulement après.

Mon âme quant à elle était consolée.

La présence du pasteur me soulageait d’un doute. « Je serai encore parmi les vivants… » Avec sa visite, la thèse de ma mort s’affaiblissait ; à moins que le pasteur lui-même fût devenu virtuel ? Il n’en était rien car bien après, il me réconforta avec la Parole de Dieu disant : « Ne t’inquiète de rien ; tiens ferme au Seigneur Jésus. Il ne t’abandonnera pas. » 

Constatant mon absence inhabituelle à la réunion du mardi, le pasteur avait essayé de me joindre en vain. Au service, personne ne pouvait situer les raisons de mon absence au travail. « C’est en faisant les recherches dans les Urgences des hôpitaux que je te retrouve, » expliqua-t-il. 

Je répétai au pasteur les paroles que mon « gardien » m’avait dites ; savoir : « tu es mort. » Sur quoi l’homme de Dieu ne fit paraître aucune réaction. Il m’exhorta plutôt avec l’Evangile selon Jean, chapitre 11, et insista que Jésus est la résurrection et la vie ; qu’Il saurait me porter secours, peu importât la gravité de mon cas.

C’est longtemps après la visite du soir du pasteur et de son épouse que l’ami refit surface. Cette fois, il avait acheté des pommes et des oranges. Méfiant quant à ses projets, je trouvai une excuse facile : « Il m’est difficile de dormir après la consommation des oranges ou des pommes. » Excuse qui n’était pas nécessaire car je venais de consommer le bouillon d’ignames que le pasteur et son épouse nous avaient apporté. 

Le médecin passa, m’injecta un produit qui selon lui allait m’aider à dormir. « Si la nuit se passe calmement, vous sortirez demain, » ajouta-t-il. 

Je m’endormis aussitôt. 

Mes yeux s’ouvrirent à nouveau. Il était deux heures passé sur l’horloge de la salle. Mon esprit était alerte ; mes yeux se firent vifs. Je regardai de part et d’autres ; mon volontaire gardien n’était pas là. Une odeur d’encens se dégageait des toilettes. 

Les questions submergèrent ma raison : « Dans l’après midi, c’était un chapelet ; maintenant c’est de l’encens, et pourquoi ?  Pourquoi a-t-il choisi une chambre à lit unique ? Qui paiera la chambre ? Et pourquoi se donne-t-il tant de peines pour moi ? » Suite à ces interrogations, je me remis en prière, cette fois pris de compassion pour l’homme. A présent, l’évidence de son égarement était nette.

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 « Seigneur Jésus, aide cet homme à retrouver le chemin de la vérité. Accorde-lui ton pardon pour ces pratiques qui n’ont rien de chrétien ; pardonne-lui ses mensonges, sa traitrise et son hypocrisie. » Pour finir, je dis comme selon l’habitude que nous avions dans le groupe d’intercession : « J’annule toute pratique occulte dans ces toilettes par le nom de Jésus. » 

« Pôf ! » une explosion se fit entendre.

L’homme revint dans la chambre, le visage couvert de taches noirâtres. Que faisait-il ? Dieu seul sait. Je me souvins du rêve de l’après-midi et soupçonnai un rapprochement avec l’évènement en cours.

Mon état d’éveil surprit l’ami qui se sentit honteux.

― C’est le bruit qui t’a réveillé ? demanda-t-il gêné.

― Non ! dis-je, oscillant la tête, gauche-droite.

― Ah ! Il faut que je prenne une douche ; annonça-t-il avant de retourner dans la salle de bains.

Je ne dis rien d’autre. Ce constat d’exaucement immédiat de ma prière me redonna espoir et je fus persuadé qu’après le séjour de l’hôpital, je retrouverai ma stabilité spirituelle. 

Quant à mon gardien, la crise de confiance grandissait. Cet homme qui prétendait me garder visait manifestement un intérêt dangereux. Pour qui travaillait-il ? 

Je me sentis seul et songeai à mon épouse. Elle avait refusé de vivre à l’étranger et était restée au pays avec les enfants. Si elle eut été là, les choses auraient été sans doute différentes. 

Au lever du jour, bien avant l’arrivée du médecin et du pasteur, mon gardien s’en alla sans dire mot. 

Dans la matinée, le pasteur vint et s’occupa des frais d’hospitalisation. A midi, j’étais déjà chez moi. 

De ce qui m’était arrivé, la version du pasteur était simple. J’avais fait une chute en plein milieu de la route et un taxi m’avait esquivé de justesse. Le taxi en question m’avait porté à l’hôpital et l’ami s’était trouvé là. Ayant persuadé le taximan et le service des urgences par le déboursement d’argent pour les premiers soins, il avait eu peu de peine à les convaincre que nous étions familiers et qu’il se chargerait de moi. 

De mon état de santé, les médecins avaient diagnostiqué un surmenage avancé et mon ordonnance indiquait une cure par le repos et la détente. Le sommeil devait être à volonté pendant quatre semaines au moins. J’eus cette grâce que le pasteur passa informer les collègues ; et mon supérieur lui promit que l’entreprise rembourserait les frais d’hospitalisation et de traitement. Une nouvelle qui me consola certainement. 

Le reste de la semaine se passa normalement. Grâce aux somnifères prescrits, je retrouvai du confort dans mon sommeil. Je restai cependant préoccupé par les hallucinations et les mises en garde devant les bureaux. Etais-je victime d’attaques spirituelles ou étais-je réellement surmené ? 

Le lundi soir de la semaine d’après, mon ami gardien était chez moi. Il voulut savoir comment évoluait ma situation. Pour un début, sa présence me mit mal à l’aise. Que pouvais-je faire ? Lui dire de ne plus venir chez moi ? Ce serait « refuser l’amour » d’un frère. J’optai pour la prudence. 

Il me demanda si je dormais mieux et si mon bras se cicatrisait convenablement. 

― Ça va de mieux en mieux, répondis-je.

A ma réponse, il manqua d’inspiration et ne put continuer. J’avais aussi de la peine à prolonger la conversation ; j’essayai maladroitement :

― Que dis-tu de ce que je suis mort ? 

Ses yeux scintillèrent et ses paupières clignotèrent pendant deux à trois secondes. Il voulut parler mais se retint. Je repris ma question :

― Je me demande si je ne suis pas un ressuscité ? 

L’ami, comme inspiré de je ne sais quelle source, commença à balbutier :

― Mmm…, tu sais, le pasteur ne peut vraiment pas t’aider pour toutes questions. Il est limité en ce qui concerne certaines réalités spirituelles. 

Encouragé par son propre élan, il continua :

― Si tu veux t’en sortir, tu as besoin des conseils de quelqu’un comme moi. Tu sais, j’ai traversé beaucoup de choses dans la vie avant de devenir chrétien et, connaissant l’état spirituel des frères à l’église, je suis le seul qui puisse t’aider dans ce que tu traverses. 

Avant que je n’eusse ajouté mot, il renchérit :

― Sans te mentir, si tu tiens à la vie, tu dois m’écouter. Le répit que tu as est pour quelques jours seulement et c’est la fin.

Par ses mots, je me sentis lapidé.

« D’où vient celui-ci donc ? Qu’a-t-il été avant d’être chrétien ? Que pense-t-il vraiment que j’ai ? » J’étais confus et sans réponse. Je le regardai et voulus lui poser la question de savoir pourquoi il était si préoccupé de mon cas. Son anticipation me surprit :

― Tu sais, tu es un bon frère et j’ai remarqué que ta foi en Christ est très forte. C’est même grâce à toi que beaucoup de choses marchent à l’église.

A ce niveau, je soupçonnai le séducteur, le tentateur et le faux prophète. 

― Je suis désolé, répondis-je, je ne suis qu’un serviteur inutile, C’est Jésus-Christ qui dirige et réussit son œuvre. Je ne suis qu’un instrument comme les autres ouvriers de Dieu.

Sans se laisser décourager, il s’élança à nouveau :

― Oui mais regarde ton état, à part le pasteur et son épouse ; qui se préoccupe de ton état à l’église ? S’il y avait vraiment de l’amour entre les frères comme il se doit, beaucoup seraient venus te visiter.

Sur ce point, il parut avoir raison. Pendant quelques instants le silence se fit. Je pensai juste de le remercier pour ses dispositions envers moi. Il ne m’inspirait pas complète confiance mais je lui devais au moins de la gratitude.

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― J’ai constaté pendant ton séjour à l’hôpital que tu n’as plus de produits de toilette, ni de sous-vêtements décents et je t’en ai achetés, ajouta-t-il.

― Quelle histoire ! Je me suis retrouvé à l’hôpital sans préparation…

De son sac, il sortit le sachet contenant lesdits items et me le remit. Curieux et surpris, je louai sa bienveillance, le remerciai, et lui adressai ma bénédiction :

― Que Dieu te le rende au centuple, dis-je. 

― C’est rien, répondit-il. Je sais que tu ferais pareil pour moi ou pour un autre frère. 

Il était vingt heures quand mon visiteur s’en alla. Je regardai les cadeaux. C’était des produits de grande marque. Chers de prix en plus. Je réfléchis un instant et me dis : « Après tout, c’est un frère, pourquoi m’inquièterai-je ? Et pourquoi ai-je toujours du mépris pour les eaux, les laits, et les crèmes de toilette ? Il y a certainement un début à tout ! Sans doute un bon bain et de la crème m’aideront à la détente physique qui sera utile pour un bon sommeil… »

C’était bien pensé.

Le bain fut plaisant et l’odeur de la toilette fort agréable. Tout ce dont j’avais besoin pour évacuer le stress et me convaincre que tout allait bien se passer. Cependant, une fois dans mon lit, je ne pus m’empêcher de penser aux propos morbides de l’ami : « tu es mort ; encore un peu de temps et ce sera la fin ; je suis le seul qui puisse t’aider… » Du chaud et du froid ! 

Je m’endormis immédiatement. Une surprise m’attendait au réveil. Ma culotte était mouillée et les draps aussi. Je ne compris pas au début, mais bien après, je me souvins des cours de psychologie où il est question d’évacuation séminale dans le sommeil. 

Seulement, je ne me souvenais pas avoir auparavant fait quelque rêve érotique de toute ma vie. S’il est vrai que je me réveille quelques fois fort dans le membre, c’était ma première fois d’observer cet écoulement. Que ce soit avant ou après mon mariage, ceci ne m’était jamais arrivé. Quel était mon problème cette fois ? La psychologie était-elle d’actualité ? Etait-ce Freud et les conséquences de mes désirs refoulés ? Comment devais-je comprendre la surprise de l’émission inconsciente ?

Dans l’après midi, deux amis commerçants vinrent me rendre visite. Pouvaient-ils m’aider ? Va savoir ! Que savaient-ils des émissions nocturnes ? Je me réservai toute question. L’embarras et le doute m’empêchèrent toute ouverture. 

Mon gardien quant à lui vint plus tard, presqu’à la même heure que le jour d’avant. Cette fois, j’étais plutôt content de le recevoir. Je lui dis combien j’avais aimé les paquets. Sur quoi il répondit :

― Tu sais, c’est vraiment ce dont tu as besoin. J’ai déjà aidé plusieurs personnes traversant des situations aussi difficiles que la tienne.

Je me sentis réconforté.

― C’est mon domaine et généralement les gens me payent cher pour ça ; mais pour toi c’est gratuit ; tu es mon frère, ajouta-t-il.

Je ne compris ces propos que des semaines après. A ce niveau de l’histoire, je n’étais qu’un toutou qui suivait naïvement le fil, avec pour seule aide : ma suspicion qui d’ailleurs restait fluctuante ; par moment absente, par moment à l’optimum. (Toutou, en langue Ngiemboon de l’Ouest-Cameroun veut dire : statue, robot, sous-entendu un naïf, un homme manipulable).

Je lui servis des gâteaux et du jus d’orange. Après son repas, il me regarda et dit :

― Normalement, dans une situation comme la tienne, ton épouse devrait être là pour t’offrir un bon massage ; mais dommage pour toi.

Je trouvai sa préoccupation touchante et hochai légèrement la tête.

― Ça va aller ; elle m’a appelé avant ton arrivée et tout ira bien au meilleur moment, répondis-je.

De l’incident du matin, je voulus comprendre.

― Ce matin je me suis réveillé mouillé et je n’arrive pas à comprendre. C’est ma toute première fois…

L’homme agrandit ses yeux. 

― Quoi ? Première fois de faire un rêve érotique ? Incroyable ! Tu ne vis pas dans notre monde !

Je le regardai, curieux, quelque peu déçu car pour moi l’événement était préoccupant.

― Je suis sérieux et je voudrais comprendre.

― Okééé ! C’est rien ! réagit-il. Tu sais, je le fais au moins deux fois par semaines et c’est merveilleux ! Je ne me suis jamais plaint. Mais chez moi, c’est généralement après le rêve d’amour ; je trouve ça super ! 

Je le regardai stupéfait. Devais-je l’admirer ou le plaindre ? Voici depuis plus d’un an que j’étais au garage. Avait-il seulement raison ?

L’ami me fit une petite leçon sur la libido et le refoulement.

― Tu sais, expliqua-t-il, nous avons des désirs non assouvis que notre conscience nous interdit. Ces désirs refoulés sont stockés dans l’inconscient et c’est pourquoi nous faisons des rêves érotiques. C’est merveilleux je t’assure ! C’est tout à fait normal crois-moi ! Ne t’en fait pas si tu devais en avoir toutes les nuits. J’en connais qui en font même dans la journée. A demain, je passerai te voir dans la soirée. 

― OK ! Bonne nuit à toi, répondis-je.

Après le départ de l’ami, je me mis à rêvasser : à penser à mon épouse, à penser à ce corps qui n’avait pas eu de communion physique depuis bien longtemps. Je branchai le chauffe-eau et je pris un agréable bain comme je l’avais fait la nuit d’avant. 

Mon sommeil fut agité et je luttai avec des personnes, l’une après l’autre : quatre duels au total. A chaque fois, j’avais la victoire. La cinquième personne ressemblait à ma femme. Elle ne me combattait pas. Elle avait plutôt une attitude provocatrice que je ne lui reconnus pas. Dans la vie ordinaire, elle n’est pas du genre séductrice. Dans le rêve cependant, elle me provoquait pour des actes licencieux.  

Je me réveillai, cherchai quelques sens à ces rêves et particulièrement au dernier. « Aurais-je dû me laisser faire ? Dieu est-il d’accord avec ce type de relation ? L’homme peut-il coucher avec sa femme via le rêve ? Les esprits humains ont-ils des relations sexuelles ? Les rêves érotiques sont-ils reconnus par la Bible ? » A la dernière question, aucun verset ne me vint à l’esprit qui l’interdît.

La pensée d’un essai produisit un début d’excitation en moi et je m’endormis avant d’avoir tiré une conviction sur le sujet. Je me réveillai, satisfait mais coupable. Ma conscience était divisée. J’avais aimé, mais je n’avais pas été le maître des opérations. Non, je n’avais pas été le meneur. Quoique la scène s’était passée avec une participation ressentie ; je n’avais rien contrôlé dans l’acte. Etait-ce mon esprit ? Comment ?

Toute la journée, j’évitai de dormir. Je nettoyai la maison, question de m’occuper. Dans l’après midi, je parcourus distraitement quelques bandes dessinées. Malgré ces efforts d’évasion, ma pensée resta captive de la nuit et je ne réussis pas à me détacher de ma gêne. L’urgence d’informations sur le sujet était omniprésente. 

En début de soirée, l’ami vint plus tôt que prévu, pressé de savoir comment la nuit s’était passée. Mon récit le laissa enthousiaste. Il me félicita chaudement, ce qui, à l’opposé, aggrava ma prudence, car comment se réjouir d’une relation dans laquelle on n’a pas de contrôle ? En réaction à sa joie, je lui indiquai ma préoccupation et mon intention : 

― C’était bien peut-être, mais il y a quelque chose qui cloche ; je compte demander l’avis du pasteur dès demain.

Suite à mon intention, l’ami devint doux flatteur :

― Nooooooonnn ! Ce n’est pas la peine. Tu sais, il faut être cultivé pour comprendre ces choses. Dis-moi quelle culture le pasteur a pour t’expliquer ces choses. Tout ce que tu vis concoure à ton rétablissement. Il vaut mieux garder ces secrets et n’en parler qu’à moi seul.

― Je ne savais pas qu’on en était déjà aux secrets !

― En fait, ce ne sont pas des secrets mais c’est délicat… Imagine que le pasteur ne comprenne pas ta situation… imagine qu’il ne sache pas comment t’aider comme moi… tu risque plutôt l’effrayer par tes doux rêves… Je te conseille…

― Que dis-tu de l’adultère ? demandai-je.

― C’est un péché bien sûr ! Et la Bible est claire là-dessus, répondit-il.

― Mais quelle différence avec les rêves érotiques ? 

― Pas de comparaison... Ici il n’y a aucun péché. Au contraire, c’est Dieu qui t’offre cette voie pour le soulagement de tes pulsions. Tu sais, nous sommes des hommes et nous avons besoin de vie intime. C’est tout à fait normal ce que tu vis crois-moi.

― Et pourquoi ce n’est que depuis peu que je vis ces choses ; voilà plus d’un an que ma femme et moi sommes éloignés l’un de l’autre. Pourquoi seulement maintenant ? 

Lançant des regards furtifs çà et là, l’ami répondit :

― Ah ! C’est ce qui m’étonne moi-même. Mais enfin, voilà que tu vas de mieux en mieux !

Le sourire de mon gardien ne me rassura pas et mon malaise était trop plein. Espérant le décider à s’ajuster, je lançai :

― Comme ça je suis mort et ce sont ces rapports nocturnes qui me ressusciteront. Tu sais, mon frère, nous sommes des enfants de Dieu et savons reconnaître ce qui est bien. Il y a du grain de sable dans tout ceci.

L’ami se leva et annonça son départ. Ses derniers mots se voulurent persuasifs toutefois.

― Tu sais, mon frère, cesse de réfléchir et laisse-toi aller. Ce sont tes raisonnements inutiles qui risquent de tout gâcher. Je suis un homme bien et je le sais. Qu’est-ce qu’un homme s’il ne fait pas l’amour régulièrement. Au fait, fais-tu encore des cauchemars comme avant.

― Pour les cauchemars, ça va depuis peu, répondis-je.

― Alors voilà ! Calme-toi donc et laisse-toi aller. Je repasserai après-demain, ajouta-t-il.

Après le départ de l’ami, je repensai à nouveaux aux évènements qui m’avaient conduit à l’hospitalisation. Je considérai ce qu’il avait fait pendant ma dernière nuit à l’hôpital. Le doute se consolida en moi. 

Pendant deux bonnes semaines, mes nuits se succédèrent égales. Qu’il me rendît visite ou non, que je le voulusse ou non, mes nuits étaient ponctuées de rêves érotiques et j’étais désormais astreint à une toilette forcée au réveil.  Je résolus d’en parler au pasteur. 

Nous étions mardi. C’était ma première fois d’aborder une question intime avec mon pasteur et la perspective de l’échange était difficile. Je le devais faire cependant ; la deuxième moitié du congé médical était bien entamée et je tenais à reprendre le travail dans un meilleur état. 

Il était quinze heures et trente minutes quand je retrouvai le pasteur à son bureau. Après le détour des salutations et des convenances, je lui expliquai les épisodes lubriques de mes sommeils depuis la sortie de l’hôpital. Sa réaction fut très simple :

― Fais-tu la prière avant de dormir ? demanda-t-il.

J’écarquillai les yeux. 

― Non, répondis-je, surpris par ce constat.

Etonné lui aussi, il continua :

― Lis-tu régulièrement la Parole de Dieu ? 

Je n’eus pas le courage de répondre. C’était non. 

Comment tout ceci est arrivé ? Les questions du pasteur ôtèrent un voile à mon esprit. Avant le choc devant l’entreprise, je souffrais des cauchemars et des insomnies, mais j’avais une foi dynamique et une conscience vive dans la prière et dans la lecture de la Parole. Sorti de l’hôpital, je cessai de louer le Seigneur et de lire Sa Parole. J’avais accueilli le repos du médecin avec une connotation inconsciente de repos spirituel et il fallut cette rencontre du pasteur pour me raviser. L’échange avec le pasteur fut court et je compris l’essentiel à faire en peu de temps.

Après cette rencontre, je pris du temps dans la louange et dans l’adoration de l’Eternel et j’en fus comblé. Je dormis bien jusqu’aux environs de quatre heures du matin. Après un instant d’éveil, je me rendormis et me vis en rêves me battre avec des morts, des décédés aux visages connus et non connus. Je me réveillai épuisé. Le matin suivant, avant le lever du jour, je fis un rêve semblable.

Le scénario de cauchemars du petit matin avec les morts se répéta jusqu’à la veille de la reprise du travail. Les démons des anciens cauchemars semblaient revenus avec du renfort. A la différence que ceux-ci n’apparaissaient qu’à l’aube.

Durant la dernière semaine donc, mon inquiétude grandit à nouveau ; l’insomnie, les maux de têtes, et la fatigue au réveil firent leur retour et je commençai à redouter la lassitude au travail dès la reprise. N’étaient-ce pas là les conditions qui m’avaient conduit au surmenage ? J’étais anxieux pendant cette dernière semaine et mon gardien ne passait plus.

La veille de la reprise, dans la nuit du dimanche au lundi, les cauchemars furent d’un autre type. C’étaient des barrières sur le chemin, des obstacles infranchissables tels de gros tronc d’arbres géants ; et quand j’essayais de les contourner, je m’égarais. 

Le lundi matin, je m’efforçai de relativiser ces cauchemars ; Je m’apprêtai pour le travail, tremblant et hésitant car la peur était en moi. Je m’agenouillai et sollicitai la direction de Dieu. 

La Parole de Dieu m’édifia à travers Matthieu chapitre 5. Le texte disait :

« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.

« Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.

« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » 

Je priai, et pour les collègues, et pour le fameux ami, et pour mes ennemis inconnus. Au bout de la séance, je me sentis beaucoup plus rassuré. 

Mon téléphone sonna. C’était le pasteur qui me conseilla de lire Luc 10.19. Ce verset dit : 

« Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. »

Le pasteur indiqua avoir la conviction que ce verset m’aiderait dans la journée. Il m’aida effectivement. Avant de quitter la maison, je priai avec autorité, demandant à Dieu de dégager tout obstacle de mon chemin.

J’arrivai au bureau sans incident. L’accueil fut chaleureux mais mon cœur était alerte et prudent. Je pressentais en fait quelque menace. 

Aux environs de neuf heures, je sortis du bureau pour les toilettes quand je surpris une conversation dans le bureau contigu à celui de mon supérieur. C’étaient des commentaires à mon sujet :

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― Sais-tu que Monsieur Jean est revenu ce matin ?

― Ah bon ? Ce bon-à-rien de Xavier n’a donc pas pu l’effacer ? Il a déjà mis trop de temps dans cette église sans résultats ! Et de quoi ce Monsieur Jean a-t-il l’air ?

L’interlocuteur avait la voix de Monsieur Latin et la première voix était celle du chef du personnel, Monsieur Mbala.

― Il a bonne mine et ton assistant lui a déjà remis des dossiers à traiter, dit Monsieur Mbala.

― Je prends note. Rencontre Xavier et exige qu’il te dise ce qu’Il a fait des grosses sommes que je lui ai prêtées. Je ne suis pas une organisation de charité. J’ai réunion après-demain et je dois livrer mon rapport, dit Monsieur Latin.

― C’est si sérieux ? demanda Monsieur Mbala.

― Merci de m’avoir tenu informé, le reste ne te regarde pas, répondit Monsieur Latin.

― Mais c’est un gars bien pourtant, remarqua Monsieur Mbala.

― C’est qui le gars bien : Xavier ? Jean ? Ironisa Monsieur Latin.

― Je veux dire…- 

― Que c’est nous les méchants, interrompit Monsieur Latin. A force de parler, tu vas me faire dire plus qu’il n’en faut ; occupe-toi de Xavier. 

Saisi de crainte, j’accélérai ma marche et me précipitai aux toilettes. Le cœur battant, je fermai la porte derrière moi afin de laisser mon étonnement couler.

Je soulageai ma vessie en priant. Je n’avais pas beaucoup d’options. La gestion immédiate de mes émotions était impérative et Dieu me fit grâce. Je rassemblai mes efforts et me calmai rapidement. Il fallait faire vite ; faire l’ignorant parut à mes yeux ma voie de salut. 

Simuler un malaise ? Je n’aurais pas réussi la mise en scène. Prétendre un autre surmenage ? Non, mais quel surmenage ? A la suite de ce que je venais d’entendre, le diagnostic de surmenage ne pouvait être validé. Il était clair que je devais repenser mon emploi dans ce lieu. 

De ce que j’avais entendu, je sus me taire jusqu’en fin de journée. Dieu m’avait protégé avec grande fidélité car je ne savais rien de ce que mes ennemis étaient si proches. 

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C’est ici que je compris pourquoi l’ami insistait pour que je mourusse ; et pourquoi il préférait me conseiller en secret. J’avais besoin de sagesse et de conseils. 

Refusant de rester sur des suppositions, je me décidai pour la quête de la vérité. Je choisis de commencer par le pasteur. 

Dans la même soirée, je trouvai le pasteur à son domicile et lui relatai ma découverte avec empressement. Sur un ton égal et patient, le pasteur me consola aisément. Il connaissait l’intrus depuis son arrivée dans l’assemblée.

― Xavier cible premièrement les filles très engagées et les séduit. Une fois que la fille cède et tombe dans son filet, il change d’église. Quant aux frères, il cherche amitié pour ruiner la foi ; dès qu’il a trouvé la faille, il est capable de tuer avant de disparaître. J’ai été mis en garde lors d’une réunion pastorale, m’annonça-t-il.

― Pourquoi donc ne m’avez-vous pas averti ? demandai-je.

― J’ai prié afin que Dieu l’expose au grand jour ; tout ce que j’avais appris de lui restait sans fondement objectif. Rendons gloire à Dieu comme tu peux comprendre tout ce qui t’est arrivé depuis l’année dernière.

― Mais que faire maintenant pasteur ? Dois-je aller l’interroger sur ses plans secrets ? Dois-je le dénoncer ? Il faut absolument faire quelque chose !

― Non, répondit-il. Tu dois plutôt continuer à prier pour lui. La secte dont il est l’envoyé est sans pitié et cet échec risque lui coûter cher. Tu sais, Jésus protège bien ses enfants, mais Satan n’aime pas les siens. Tout ce que tu peux faire, c’est de prier sincèrement que Dieu lui accorde le repentir et le pardon. Tu dois plaider afin que le Tout-Puissant lui accorde Sa miséricorde.

― Et s’il persévérait à me chercher des ennuis ? 

― Souviens-toi du texte que je t’ai donné tôt ce matin. Primo, Jésus-Christ est constamment avec nous et c’est avec Lui que nous pouvons marcher sur les serpents et les scorpions. Secundo, les plans de Satan ne réussiront pas tant que tu restes en prière et tant que tu demeures sous la protection du Seigneur Jésus.

Le pasteur me conseilla aussi de feindre ne rien savoir du complot, et de continuer le service de mon poste avec plus de dévouement et d’enthousiasme. Du moment que mes collègues avaient vu la puissance de Dieu, soit qu’ils allaient me respecter davantage, soit qu’ils allaient chercher plus méchant que Xavier, soit qu’ils allaient me remercier. 

Dans tous les cas de figure, je devais rester confiant en la fidélité de Dieu pour me défendre et pour guider mes lendemains. Chaque chrétien est le protégé de Dieu en tous lieux.

Fin de l'histoire

Remarques finales

Pour tous ceux qui se confient en Jésus-Christ, cette histoire leur rappelle que le Christ est fidèle et garde ses enfants nuits et jours. Jésus ne dira pas tous les jours, voici je t’ai gardé ici, je t’ai protégé là, mais il veille affectueusement sur tous ceux qui lui appartiennent. 

Point n’est besoin pour un serviteur de Dieu de vivre dans la crainte d’être pris au piège par Satan ou par Ses ouvriers. Jésus-Christ est fidèle et nous gardera encore selon Sa bonté et son amour envers son Eglise. Il s’est donné pour nous, il est toujours prêt à se donner pour nous. Et même, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Nos ennemis n’ont aucune chance de réussir.

Dieu vous bénisse !

Références et Copyrights

Nouvelle Littéraire Chrétienne

Collection : Tentations et Victoires

Copyrights 2017 Tâ-Shalom Editions, Les livres de la liberté

Distribution par Tâ-Shalom Editions

ISBN de cette Nouvelle Imprimée: 9781973110569

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Illustrations: Méli Métino Cédric Gaël

Publication : Tâ-Shalom Editions

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Un Infiltré Surdoué

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Code de cette édition : 0011-TSE-ABD-I-FR-02

Mises à jour: 15/10/2017