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Résumé
Après des années de ministère prophétique accompagné de guérisons et de miracles, le prophète Georges ressent le besoin de mettre sa vie en ordre devant Dieu. C’est alors que s’allonge indéfiniment la liste des abominations et des saletés dissimulées de celui qui, aux yeux du fidèle ordinaire était un saint. Se convertira-t-il finalement ?


Début de la Nouvelle

― Assassin ! Criminel ! Tu n’as pas honte ? Faux pasteur !

― Ferme ta bouche ! Je vais te tuer ; et je verrai où tu iras parler, gronda Georges.

― Tue-moi donc ! Qu’est-ce que tu attends ? Tu n’es qu’un lâche ! Un voleur ! Un Démon !

― Provoque-moi toujours ; tu sauras qui je suis. Je vais te montrer ; je vais te maltraiter, menaça Georges.

― Ho ! Ho ! Tu parles seulement comme d’habitude ! Faible, homme lâche ! 

― Ok ! Méchante fille. Je ne sais même pas pourquoi je te garde encore avec moi. Un homme de Dieu comme moi ne doit pas se mettre avec une fille de ton espèce.

― Yéééééhhhh ! Aïyooooooohh ! Regardez-le ! Toi, homme de Dieu ? dit Aïcha, moqueuse.

La concubine de Georges était hors d’elle. Il était fréquent d’entendre des querelles de leur appartement les matins. Ce matin-là, la violence verbale d’Aïcha était extrême.

― Ceux qui te suivent ne te connaissent pas. Démon, frappe-moi si tu es un homme. Je vais t’exposer tu vas voir. Vas-y ! Tout le monde saura qui tu es : un sorcier ; un homme démon ! continua-t-elle.

― Tu es folle, tu ne sais même pas ce que tu dis. C’est comme ça que vous êtes. Méchantes et mauvaises, dit Georges, s’efforçant de stopper la hardiesse de sa concubine.

 

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― C’est moi la méchante ? Okééé ! dit Aïcha. Tu as fait de moi ta prisonnière ; tu pratiques ta sorcellerie sur moi toutes les nuits et c’est moi la méchante ? C’est Dieu qui va te démasquer.

― Je t’ai prise dans la rue et regarde-toi après un an seulement. Tu ne manques de rien et tu me critiques. Je sais ce que je vais te faire. Tu ne perds rien à attendre ! dit Georges.

― C’est à ton pasteur que je vais tout dire, avertit Aïcha. Si un de mes cheveux souffre, tous sauront qui m’a tuée. Assassin ! Tu me tues déjà chaque jour, comment vas-tu me tuer cette fois ? 

― Pourquoi tu ne t’en vas pas ? demanda Georges. Qui te retient ? Ramasse tout ce qui t’appartient et va-t-en ! 

― Paie-moi ce que tu me dois, répliqua Aïcha. Remets-moi mon argent et je pars tout de suite. Escroc ! Homme mauvais ! Faux type !

― Cesse de m’insulter, avertit Georges.

― T’insulter ? Qui t’insulte ? N’es-tu pas malhonnête ? Regarde-le ! Cesse de m’insulter, laid type en plus.

― Je suis beau et tu le sais, c’est parce que je suis beau que les filles me disputent, corrigea Georges.

― Hé-héééééééé ! Eh ! Wa ! Homme de Dieu ! cria Aïcha avant de se ressaisir. La beauté d’un homme c’est son cœur et c’est aux femmes de se vanter de l’extérieur. Ton cœur est noir et mauvais. Ton masque trompe tout le monde ; dit Aïcha avec mépris. Tu ne laisses que des victimes après ton passage ; faux prophète. 

Peu après leur querelle, Georges frappa à ma porte. Nous étions samedi et j’étais en pleine séance de conditionnement physique.

― Bonjour Moussa ; dit-il.

― Bonjour à toi voisin. C’est chaud chez toi ce matin à ce que je vois.

― J’en ai assez de cette vie, dit-il. Regarde mon état ; depuis deux mois je ne fais que maigrir et je suis constamment fatigué.

― Pas étonnant ; tu joues avec les démons et tu leur consacres tes meilleures heures de la nuit ; qu’est-ce que tu veux ? 

― Mais les autres s’en sortent ! Pourquoi pas moi ? interrogea Georges. Tu sais, il y a beaucoup de pasteurs qui font ce que je fais et ça leur réussit bien.

― La vérité est que tu mens à toi-même. Personne ne peut tromper Dieu. J’ai vu des personnes comme toi dégringoler du jour au lendemain. Fais attention ! répondis-je.

― J’ai peur maintenant plus qu’avant. Et chaque fois que le pasteur me demande d’imposer les mains aux malades, je tremble au-dedans de moi, dit-il.

― Voilà ! Continue donc de faire semblant, dis-je. Je vais te dire une chose. Le pasteur Brian ne te remerciera pas quand tu seras à terre. Si tu continues de mépriser la vérité, sache que tu bâtis sur le vide.

― J’ai voulu plusieurs fois arrêter, mais il ne veut rien entendre, répondit-il.

― Tu dois choisir ; ou tu sers Dieu ou tu sers l’homme. Jésus l’a clairement dit dans la Bible. Celui qui cherche sa propre gloire ne peut plaire à Dieu.

― Mais que faire ? demanda-t-il. Ma vie est gâtée de tous les côtés et j’admire vraiment ta liberté. Tu es là ; tu vas au travail, tu sers à la chorale, ta vie est vraiment simple et agréable. La mienne me déplaît au plus haut point.

― Qui sème le vent récoltera la tempête, répondis-je. Sache que les esprits qui te visitent te détestent copieusement et tôt ou tard, ils te feront du mal. N’oublie pas ce que dit le Christ à leur sujet : le diable ne vient que pour voler, égorger et détruire. Il ne sait rien faire d’autre. Repens-toi et abandonne le mal pendant qu’il est encore temps.

― C’est vrai que je pressens un malheur me guetter, annonça Georges. Au début, les esprits ne dépassaient pas la demi-heure. Maintenant, ils font plus de deux heures avant de s’en aller et pire, leurs exigences ne font que changer.

― A la vérité, au nom de Jésus, il y aura des guérisons et des miracles, expliquai-je. Je ne sais pas pourquoi tu t’obliges de passer par les esprits pour utiliser le nom de Jésus. Tu n’avais pas besoin de te faire esclave des esprits pour faire ce que tu fais.

― La vérité c’est que je n’ai pas la foi, répondit Georges. Ce que tu dis est vrai ; mais dans mon cas, je n’ai pas la foi et ça je le sais. Je me demande si le Seigneur me pardonnera un jour. J’ai constamment peur et tu ne sais pas. Les esprits ont considérablement alourdi mes dettes et j’en ai assez.

― Tu dois faire le point donc. Malheureusement nous ne pouvons causer plus longtemps. J’ai un mariage et il faut que je m’apprête. Nous pourrons continuer dans la soirée ou demain si tu le veux.

Une fois sorti de chez moi, Georges retourna chez lui.

J’étais dans l’immeuble depuis cinq mois seulement. Mon amitié avec Georges commence au jour même de mon aménagement. Ce jour-là, il m’aida à faire monter mes bagages au premier étage où lui-même avait son appartement.

Dès la première semaine, il voulut savoir si j’avais eu vent de sa popularité ; si j’étais au courant des miracles qu’il faisait dans la ville. Etonné, je lui signifiai mon ignorance de sa personne et de ses œuvres. Après cela, Georges était chez moi deux à trois fois par semaine. Cependant je ne pouvais entrer chez lui pour des raisons que j’ignore. Quand j’avais besoin de lui, nous nous contentions du couloir, ou je le faisais entrer dans mon salon.

Nous parlions généralement de la Parole de Dieu et il posait tant de questions que j’avais du mal à considérer qu’il était le grand homme de Dieu qu’il prétendait être. Dans l’ordre des choses, ce sont les « Hommes de Dieu » qui enseignent et instruisent les croyants. Ici, la situation inverse s’observait. Chaque fois qu’il avait aimé un texte biblique, il tenait à ce que je le lusse aussi et lui exprimasse ma compréhension. Ayant suivi des séminaires sur l’interprétation de la Parole de Dieu, c’est une chose que je faisais sans grandes difficultés.

De chez moi donc, Georges entreprit de lire la Bible et c’est alors qu’il lut un texte de Romains au chapitre 13 qui le secoua pendant des heures.

« La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière. Marchons honnêtement, comme en plein jour, loin des excès et de l'ivrognerie, de la luxure et de l'impudicité, des querelles et des jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ, et n'ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. »

Il réfléchit au texte toute la journée et me dit plus tard : « C’est comme si le texte était fait pour moi. » En fin d’après-midi, il descendit pour prendre de l’air et méditer sur le texte. Il tomba sur un prédicateur qui évangélisait les passants devant le stade du 26 Mars de Yirimadjo.

S’étant mis à écouter, il eut l’impression que le prédicateur s’adressait particulièrement à lui. Il fut ébranlé par le prêche de l’évangéliste et s’assit sur un banc public, baissa la tête et se mit à considérer sa vie. Les larmes coulèrent abondantes et il ne put se contenir.

Après que le pasteur eût cessé de prêcher et de prier pour les malades, il s’approcha de lui avec grand intérêt. S’étant assis sur le même banc, il engagea la conversation.

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― Vous pleurez monsieur ? demanda-t-il.

― Excusez-moi pasteur. Je n’arrive pas à croire que le Seigneur puisse me pardonner tout le mal que j’ai causé aux gens. J’ai fait tant de mal et je ne sais même pas si toutes ces filles me pardonneront. Je ne mérite pas leur pardon, répondit Georges.

― Et pensez-vous que ce sont vos pleurs qui arrangeront les choses ? 

― J’ai fait trop de mal aux gens au nom du Christ et je ne sais comment recoller les morceaux tant mes péchés sont nombreux. Je suis le mal incarné et c’est votre prédication qui m’a ouvert les yeux. J’ai peur qu’elles me refusent le pardon. Je leur ai fait trop de mal.

― Que fais-tu exactement pour être si effrayé ? Tu gères plusieurs bureaux à la fois ? (Gérer plusieurs bureaux, c’est-à-dire avoir plusieurs amantes)

― Pas seulement pasteur, si ce n’était que cela, ce serait moins pénible, répondit-il.

― Tu es un proxénète ? 

― Oui pasteur, mais si c’était ça seulement, je ne serais pas tant troublé. J’ai peur de mourir car j’ai profané le nom du Christ, répondit-il.

― Oui mais comprenez que Jésus est mort à la place de Barrabas, le méchant. Souviens-toi qu’un brigand a été crucifié à côté de Lui et à qui Il a promis le paradis, parce que ce brigand avait imploré sa pitié. Repens-toi de tout ce que tu as fait de mal et Jésus te pardonneras.

― Excusez-moi pasteur, je ne mérite pas le pardon du Christ. Je préfère laisser comme ça. 

Aussitôt que Georges parla ainsi, il s’éloigna du pasteur.

Georges frappa à ma porte le soir du dimanche. Il était préoccupé. J’éteignis la télé qui passait le Journal de 20 heures. Son état imposait questionnements et silence. 

― Depuis hier, je ne t’ai pas vu et je t’ai demandé à Aïcha qui n’avait pas tes nouvelles non plus, remarquai-je.

― Mon frère, prie pour moi, répondit-il. Je sais que Dieu t’écoute et te donnera tout ce que tu demandes. J’ai honte de ce que je suis et c’est pourquoi j’ai eu du mal à revenir, ajouta-t-il.

― Que s’est-il passé ? demandai-je. Ton langage est différent.

― Mmmm… ! soupira Georges. C’est maintenant que je comprends le sens de tes avertissements. Tu es le seul qui m’ait averti sur la fausseté de mes visions nocturnes ; et tu avais raison. Aïcha connaît aussi ce secret ; mais mon faux pasteur était plus préoccupé par mon argent et m’a toujours rassuré que mes visions étaient de Dieu quand même je savais qu’elles ne venaient pas de Dieu. 

« Prie pour moi s’il te plait. Hier après-midi, j’ai rencontré un pasteur qui prêchait dans la rue et sa prédication m’a touché. Mais je n’ai pas pu lui confesser toute la saleté que j’ai en moi. Où j’en suis, je n’ai pas le courage de voir Aïcha. Mon cœur est pourri et sent mauvais. Si Dieu ne fait rien pour moi, je sais que je vais mourir.

Georges fit sa requête avec vives émotions. Sa voix avait de la peine à garder la fermeté et tremblait aux détours des points et des virgules. Toutefois, son esprit était repentant, quoiqu’incrédule quant au pardon de Dieu.

― Le Seigneur pardonne tous les pécheurs. Tout ce qu’Il te demande c’est de les reconnaître et de les confesser. Aucun péché n’est plus grand qu’un autre, dis-je pour l’encourager.

― En fait, tu ne me connais pas toi aussi. Je suis une vraie ordure et je ne me sens pas digne du pardon du Christ.

― Mais c’est pour les parias que Christ est venu. C’est à cause de tes péchés qu’on l’a cloué sur la croix et tu n’impressionnes pas Dieu avec tes envies de mourir pour tes péchés, insistai-je. Jésus-Christ est déjà mort pour tes péchés. Tout ton besoin c’est de demander sincèrement pardon.

― Je sais que je dois me confesser, affirma Georges. Hier, je n’ai pas eu le courage devant le prédicateur dont je t’ai parlé, mais je sais que la confession est le chemin.

― Si c’est pour tes fameuses visions nocturnes et tes faux miracles, je ne vois pas la nécessité d’une autre confession du moment que tu viens de les reconnaître comme mensongers. Si ce sont tes mésententes avec Aïcha, je pense qu’il faudra que tu prennes courage et ailles lui présenter tes excuses. Dieu t’accordera les mots qu’il faut. 

― Sais-tu comment je fais pour entretenir mon train de vie ? demanda Georges.

― Je suppose que les bénéficiaires de tes miracles te font des dons consistants. Ça va de soi ! répondis-je.

Le silence s’installa et Georges ne répondit pas à ma remarque. Pensif et songeur, il regarda fixement tantôt l’écran, tantôt le plafond. Il fixa tout ce qui pouvait contenir son attention.

― Si j’abandonne ce que je fais pour avoir de l’argent, est-ce que Dieu me donnera un autre moyen de subsistance ? demanda Georges.

― Ça dépend ! Ce qui est sûr, tu ne peux vivre de faux miracles et accepter les dons, expliquai-je. Ceux qui te font les dons le font au nom du Christ. Et du moment que tu les sais faux, tu dois arrêter d’impressionner les gens et tu dois chercher un vrai métier.

― Le problème n’est pas là-bas. Je… Bon… Hum ! Georges balbutiait.

― C’est où le problème ? demandai-je.

― Les miracles ne me donnent pas directement de l’argent, mais…

― Mais ?

― Tu es un très bon chrétien et je sais vraiment que ta foi est pure. Ta vie est très bien je t’assure et le Seigneur va te bénir, exhorta Georges.

― Oui mais, nous parlons de toi. Si l’esclavage des démons ne te rapporte pas, à quoi telles contraintes te servent-elles ? Pourquoi t’es-tu assujetti aux démons pendant si longtemps si tu n’y gagnais rien du tout ? insistai-je.

― La vérité est que je suis marié à une Américaine ; et c’est elle qui finance mon ministère et mon séjour au Mali, annonça Georges.

― Attends, mais attends un peu. Est-ce à dire qu’une autre femme finance ton concubinage avec Aïcha ?

― Tu vois bien que je ne mérite pas le pardon du Christ ! réagit-il.

― La question ne se pose pas du côté du Christ. A toi de décider ! Il me semble que tu sais depuis hier ce qui est juste, et tu as peur de la pauvreté, remarquai-je.

De la tournure du récit, je perçus Georges d’un regard tout à fait différent. Convaincu de péché, il semblait craindre les entours de la repentance et cherchait des garanties de sécurité. 

― Sais-tu qu’il est difficile aux riches d’aller au Paradis ? demandai-je. Sais-tu que le sort du faux prophète est terrible ?

― Pourquoi tu utilises le mot « terrible » ? demanda-t-il. Tu ne vois donc pas que je suis assez effrayé ?

― La fin du faux prophète est dans l’étang de feu de l’enfer avec le diable. C’est écrit noir sur blanc dans le livre de l’Apocalypse de Jean, répondis-je.

― Oui, mais tu n’avais pas besoin d’ajouter terrible ! reprocha Georges visiblement troublé.

― Parce qu’à tes yeux l’éternité dans le feu de l’enfer est douce ? demandai-je. Disons les mots qu’il faut pour désigner les faits correspondants. Le sort des faux prophètes est terrible ; oké ? Si tu préfères… l’avenir du faux prophète est dans le feu de l’enfer ; ça te va ?

― Je ne te savais pas si cru, répondit Georges.

― Sais-tu que pour suivre le Christ tu dois te dépouiller de tout encombrement matériel et social ? A quoi te sert le luxe sans Paradis ? Tu vis dans l’adultère et tu dois résolument changer de vie, exhortai-je.

― Voilà les mots du prédicateur dont je t’ai parlé, déclara Georges. Sans me connaître, il m’a dit hier que Dieu désire me sauver et me délivrer de la débauche. Il disait précisément que Dieu connaît le nombre de ménages que j’ai troublés jusqu’à ce jour.

― Le nombre de ménages ?

Georges, étonné de ce qu’il avait trop dit, voulut rattraper quelques mots. Il ne le put.

― Euh ! En fait,… Tu sais, mon ministère consiste à retirer les filles de la prostitution et de les aider à marcher selon la Parole de Dieu.

― Ah bon ! Et tu en as retirées combien ?

― Plus de six et je me bats pour subvenir à leurs besoins, répondit-il.

― Tu veux dire que ton épouse américaine se charge d’elles aussi ?

― Mon frère, excuse-moi. Je ne peux pas me convertir. Je n’ai ni la force, ni le courage, dit Georges visiblement vaincu.

― Les six sont-elles converties ? Vont-elles déjà à l’église ? J’ai du mal à comprendre.

― Non, elles ont juste promis d’aller à l’église. Elles ont quand-même arrêté la prostitution, dit-il.

 

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― Tu es un personnage étrange. Tu es visité par les esprits la nuit ; tu fais des faux miracles ; maintenant tu délivres les prostituées et tu les utilises pour escroquer ta femme, et tu te prétends Homme de Dieu, et tu veux que le Christ te supplie de te repentir… Heureusement que le Seigneur Jésus est bon et miséricordieux ! achevai-je.

― Tu vois que tu es dégoûté par ce que je suis ! Je suis une ordure n’est-ce pas ? Je mérite la punition de Dieu et je le sais. Mais le pasteur d’hier disait que Dieu m’aime et a un plan plus beau pour ma vie. Et depuis lors, je suis tiraillé. Je n’ai pas appris à souffrir. J’ai peur de tout perdre, dit Georges.

― Nous allons arrêter comme ça, avertis-je. Tu perds ton temps et tu perds le mien. Si Dieu t’a dit qu’il a un meilleur plan pour ta vie. Fais-lui confiance et repens-toi ! Qui connaît demain ? Comment as-tu géré la visitation des esprits la nuit dernière ? 

― Ils ne sont pas venus, répondit Georges. C’est la première fois depuis deux ans qu’ils ne viennent pas. Depuis mon réveil, j’ai peur que les miracles n’auront pas lieu quand je prierai à l’église. 

― Peut-être ne viendront-ils plus ! Va demander pardon à Aïcha et annonce-lui que tu t’es repenti, indiquai-je.

― Pas possible ! dit-il. Tu ne connais pas Aïcha. Elle m’en veut et me maudit tous les jours. Non. Je ne peux lui demander pardon. En plus elle est orgueilleuse.

― Où vous êtes-vous rencontrés ? Si vous avez pu déclarer vos amours et vous mettre ensemble, c’est que vous avez des points communs ! Ta repentance passe par elle. Que tu le veules ou non.

― Jamais ! Je vais aller dormir chez un ami à Faladiè, répondit Georges.

― Désolé. Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du royaume de Dieu. Ce que tu as commencé, tu dois l’achever, insistai-je.

― Jamais ; les murs cachent bien de choses qu’on ne peut dire publiquement, dit Georges.

― Raison de plus ! Vous devez résoudre vos désaccords ensemble, insistai-je encore.

― C’est trop pour moi en un seul jour. C’est trop me demander mon frère. A moins que tu m’aides, je ne le pourrais jamais, plaida-t-il. Aïcha… Non. Non. Eh ! Dieu ! Pitié !

L’attitude de Georges laissait entrevoir une gravité dans sa relation avec Aïcha.

― Ecoute, lui dis-je, si vos secrets sont si lourds, il convient que vous les régliez ensemble.

― Non mon frère, répondit-il. J’ai besoin de ton secours. Si je vais seul, c’est inutile. Aïcha ? Non. S’il te plaît, j’ai besoin de ton aide, plaida-t-il.

Georges depuis un moment avait baissé le ton de sa voix. Il demanda que je misse du volume à la télé avant qu’il pût continuer. Il reprit :

― Je dois des sommes énormes à Aïcha. Où j’en suis, je ne sais comment faire. 

― Je pensais que c’est l’américaine qui vous entretenait ! 

― Oui mais ; ça ne suffit pas toujours. Il y a cinq mois environ que l’américaine m’a coupé les vivres. Durant deux longs mois, ce sont les économies de sa prostitution qui nous ont nourris, expliqua-t-il.

― Quel homme es-tu ? Mon Dieu ! Tu as eu ce courage ? 

― Ecoute d’abord, après tu frapperas si tu veux. Je mérite bien le fouet, répondit Georges. Tu sais, quand les esprits viennent et rentrent en moi, la première chose que je fais c’est de coucher avec Aïcha et les esprits ne me quittent que vers le matin. Imagine ma honte. Quand ils viennent, c’est généralement vers les 2h30 et ils ne partent que vers les 4h30, expliqua-t-il.

― C’est là le prix de tes miracles ? Voisin c’est grave !

― Ce n’est pas tout. Comme elle était épuisée toute la journée, elle a exigée d’être payée pour chaque rapport fait suite à la visitation des esprits. Or ça fait bientôt un an. Les esprits ont promis de m’aider à trouver les fonds et ils n’ont rien fait. Et suivant la tournure des événements, c’est moi qui dois colmater les fractures. Tu vois pourquoi Aïcha n’applaudira pas ma repentance. Mon frère, dis-moi si Jésus-Christ peut vraiment pardonner un déchet de mon espèce. Je ne suis pas un homme de Dieu, mais un faux prophète, conclut Georges.

J’étais assommé. La confession de Georges provoqua en moi un blocage mental. Je le regardai, il me dévisageait, espérant qu’une réponse séante sortirait de mes lèvres. La taille de la révélation surpassait de loin tout ce que je pouvais imaginer. Après un long silence, je conseillai :

― Mon frère, le pardon, c’est le pardon. Si Dieu t’a pardonné et te demande de supplier le pardon de ceux que tu as blessés, fais-Lui confiance, Il saura convaincre la fille.

― Ce n’est pas tout mon frère. Tu sais que dans mon église je suis connu comme Homme de Dieu. Dis-moi avec quel courage j’irai demander pardon devant l’assemblée des chrétiens ? Le pourrai-je ? Mon pasteur a dit bien de fois que mes visions viennent de Dieu et l’église s’est remplie trois mois après mon arrivée. Dès le mois prochain, il est prévu de faire deux cultes chaque dimanche. Vois donc que le pasteur va me désapprouver ! expliqua Georges découragé à nouveau.

― Cesse de vouloir tout gérer à la fois. Gère pour ce soir et laisse cet autre épisode à Dieu. Pourquoi veux-tu tout régler en un seul jour ? Tôt ou tard, la vérité éclate au grand jour. Le mensonge ne peut se cacher dans l’Eglise de Dieu. Plaise à Dieu que ce soit aujourd’hui. Au moins tu auras une conscience libre ! Aïcha est à quelques pas de toi. Finis-en avec elle ce soir, conseillai-je encore.

― S’il te plaît, accompagne-moi et parle à Aïcha. Si c’est moi qui lui parle, elle ne croira pas, insista Georges.

Notre décision fut prise. Vu la gravité des chocs émotionnels, je suggérai la prière premièrement et la rencontre ensuite. Un détail devait cependant être tiré au clair. Je lui demandai :

― Es-tu décidé à abandonner la sorcellerie et la magie ? 

― Oui ! répondit-il.

― Comprends-tu la nécessité de mettre fin au concubinage ? 

― Oui bien sûr ! répondit-il.

― Comprends-tu que tu devras trouver un travail décent afin de te prendre en charge ?

A cette question, l’homme se rebiffa. 

― Non, je veux me marier à l’américaine et lui être fidèle, répondit-il. Je veux être un bon chrétien crois-moi et je ne ferai plus de mal à personne. J’irai demain me confesser à l’église si tu veux. Mais quant à quitter ma femme, pas question.

― Te marier à l’américaine n’exclut pas le travail ! répliquai-je. Il me semble que tu as besoin de délivrance dans ta mentalité. C’est toi qui dois travailler et prendre charge de ta femme. L’inverse n’a lieu que rarement, en cas d’handicap par exemple. Or tu te portes très bien à ce qui me semble.

― Adriana me soutient avec plaisir et l’argent ne lui manque pas. Je ne vois pas où est le péché, soutins Georges.

― Etes-vous légalement mariés ? As-tu rencontré ses parents ? As-tu payé sa dote ? 

― On laisse tout tomber, lança-t-il. C’est bien ce que j’ai dit depuis le début. Le christianisme est trop beau pour les gens de mon espèce. Tu ne m’en veux pas j’espère.

― Dieu ne t’a-t-il pas demandé hier de changer de vie ? 

― Mais j’ai essayé ! Depuis hier soir, je n’ai fait qu’essayer, répondit-il. Les gens comme nous ne peuvent changer ; Dieu s’est peut-être trompé de personne. Je suis mauvais et j’aime la vie facile. C’est plus fort que moi.

Georges se leva ; visiblement gêné, il ne savait où aller. Face à sa résistance j’ajoutai :

― Quand Dieu parle, c’est que tu cours un danger. Sois prudent, pense à ce que le prédicateur t’a dit hier, pense au mal que tu fais en mentant à la multitude ; si Dieu devait te punir…

― Mon frère bonne soirée ; j’admire les gens libres comme toi. J’admire même ce pasteur qui prêchait hier ; il y a toujours cette belle grâce dans la vie des vrais chrétiens… Ma vie me dégoûte. 

― Alors repens-toi ! pressai-je.

― On verra ça après. Bonne soirée et merci pour ta patience.

Trente minutes environ après notre séparation, des bruits de querelles se firent entendre chez Georges.

― Tu n’iras nulle part, malheureux ! lança Aïcha. Tente de franchir cette porte et je vais te montrer. Je ne suis pas la femme qu’on jette à la poubelle quand on a fini d’abuser. Prophète voyou !

Georges répondait à voix basse et il était difficile de capter ses propos.

― Tu es incapable de te repentir, reprit Aïcha. Va escroquer d’autres avec tes histoires de repentance. Tu ferais mieux de me dire comment tu paies mes droits. Qui t’a fait croire que Dieu accepte les déchets dans son Ciel ? Fils du démon.

― J’ai vraiment changé et pour te le prouver, les esprits ne viendront plus dans la nuit, expliqua Georges.

― C’est ton problème, rétorqua Aïcha. C’est toi qui les invitais. Si tu en as fini avec eux c’est ton problème. Tu me paies ce que tu me dois ou je te dénonce à la police. Idiot !

― Tu ne sais rien d’autre qu’insulter. Toi aussi tu dois te repentir, indiqua Georges.

― Salaud ! Méchant type ! Hypocrite ! Parce que tu mérites du respect ? Hé héééééé ! Venez voir l’homme qui mérite du respect. Sans l’aide des démons tu ne peux même pas satisfaire une femme. Sans tes démons, tu vas aux Etats-Unis faire quoi ? Où iras-tu quand l’américaine se rendra compte tu es un incapable ? 

― Dieu interdit les injures et tu aimes trop les injures. Tu dois avoir un démon en toi, dit Georges.

― Les démons viennent de qui ? Quand on partage le lit d’un fils de démon, on sera forcément possédé ! Ton cœur même est mauvais. Sans tes démons tu ne peux rien faire et c’est moi qui ai besoin de délivrance ? Assassin ! Voleur ! Escroc !

Agacé par les querelles de mes voisins, j’entrepris d’appeler le pasteur de Georges pour qu’il les aidât à se calmer. Bien des fois, des épisodes semblables ne s’achevaient que bien tard dans la nuit. 

Le pasteur Brian était un ami de longue date. Il fit escale chez moi et voulut comprendre. La querelle ne s’était pas encore apaisée. Il me demanda de l’assister dans son intervention auprès de Georges et d’Aïcha.

Une fois chez Georges. Aïcha se fit calme. Les salutations se passèrent normalement. Ils nous accordèrent de nous asseoir dans des fauteuils à côté d’eux. Le pasteur interrogea premièrement Georges sur les causes de la dispute. C’est Aïcha qui usurpa la parole disant :

― Le diable prétend qu’il s’est repenti et qu’il est maintenant un saint ! Ha ! Haaaaaaa ! Mon Dieu ! 

Elle piaffa et se tut. Le pasteur Brian suite aux propos d’Aïcha semblait étourdi. Je dus intervenir disant :

― S’il te plaît Aïcha, contrôle tes propos devant le pasteur.

Sur quoi elle répondit :

― Dieu me pardonne, c’est plus fort que moi.

Le pasteur Brian qui s’était ressaisi, avança en direction de Georges :

― Est-ce vrai que tu t’es repenti ? demanda-t-il.

― Oui pasteur. Depuis hier, j’ai décidé de couper le contact avec les esprits, d’arrêter les guérisons et les miracles. J’ai aussi décidé de libérer les filles. Aïcha n’arrive pas à comprendre, répondit Georges.

― Libérer les filles ? demandai-je à Georges. Qu’est-ce que ça veut dire ? Les six filles dont tu m’as parlées seraient-elles tes concubines ?

― Magicien ! Sale voleur ! Démoniaque ! intervint Aïcha qui visiblement faisait fi du respect dû à la présence du pasteur. Il a gaspillé la vie des autres et maintenant il veut se repentir ! Dieu lui-même te chassera du Paradis. Il est né mauvais et il incarne le mal.

― Tout ce que je vous demande, c’est de me pardonner, intervint Georges. Depuis que Dieu m’a parlé, je résiste ; mais je sais que si je tarde, je pourrais mourir à tout moment.

― Parce que tu as droit à la vie ? Et tous ceux que tu as tués par ta sorcellerie ? Tu es fatigué de tuer et maintenant tu veux vivre ! intervint Aïcha irritée.

― Dieu ne rejette personne, déclarai-je. Dieu aime le pécheur et Jésus est venu sauver les pécheurs. Quelle que soit la méchanceté d’un homme, fut-il sorcier ou magicien, Dieu est toujours prêt à l’accueillir.

Le pasteur Brian qui avait peu parlé depuis le début prit la parole :

― Tu n’as pas besoin de te repentir ! Qu’as-tu fait de mal ? Dieu t’aime comme tu es et ne demande pas une quelconque repentance. L’homme n’est pas sauvé par les œuvres, mais par la foi.

 

Pasteur Brian contre Georges-nouvelle-littéraire-chrétienne-confessions troublantes de Georges

Georges répondit :

― Ce que vous dites n’est pas sans vérité pasteur. Mais hier, alors que je passais devant le Stade Omnisport, un pasteur y prêchait. Quand je me suis approché, il m’a clairement parlé de mes adultères ; il a précisé que Dieu m’aime, qu’Il tient à ce que je change de vie. Ses paroles m’ont profondément touché et je sais que je dois abandonner le mensonge. Aïcha n’a pas tort de me traiter comme elle le fait. Je ne suis pas le guérisseur que les gens croient. Je suis désolé pasteur.

Le pasteur répondit :

― Je vois que le diable veut attaquer mon assemblée. Tu te rends compte de ce que les gens vont dire à l’église si tu te tiens au pupitre pour raconter tout ça ? Non. Dieu n’aime pas le désordre. Ce n’est pas la volonté de Dieu que tu détruises son église.

― Oui mais… C’est que toutes ces guérisons miraculeuses étaient bâties sur les pouvoirs des démons, répondit Georges. C’est ce que j’essaie depuis un moment de vous expliquer. 

― Les démons ne peuvent guérir personne au nom de Jésus ; cesse de t’embrouiller et comporte-toi comme un homme, répondit le pasteur. Nous avons séminaire la semaine prochaine et tu dois te concentrer. 

― Mais pasteur, vous ne comprenez pas ; je ne veux plus. J’ai peur de mourir si je continue à tromper les gens, dit Georges.

― Tu ne mourras pas au nom de Jésus. Tout va bien se passer. Qui est ce pasteur qui a prophétisé sur toi ? 

― Pasteur Israël, répondit Georges. Je ne me souviens pas qu’il ait donné son nom de famille… Poudiougo ! C’est le pasteur Israël Poudiougo. 

― Encore lui ! Il y a deux ans, c’était lui ; aujourd’hui c’est encore lui. Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce qu’il a à me persécuter ? 

― Vous vous connaissez ? demanda Georges. C’était ma première fois de le rencontrer.

― Quitte la ville, quitte le Mali et va où tu veux avec ton secret, ordonna le pasteur. Les nouvelles brebis sont trop fragiles et tu risques vider toute l’église par ta confession. Je trouverai une explication pour justifier ton départ. 

― Je suis désolé pasteur ; Dieu aime la sainteté, déclarai-je, Dieu marche dans la sainteté. Dieu cherche les adorateurs qui marchent dans la vérité. Si vous construisez votre assemblée dans le mensonge, à quoi vous attendez-vous ? N’oubliez pas que toute plante que Dieu n’a pas plantée dans l’Eglise sera déracinée. 

― Tu te prends pour Jésus maintenant ? Mêle-toi de ce qui te regarde, répondit le pasteur à mes propos. 

Se tournant vers Georges il avertit :

― Si tu tiens à ta repentance. Saches que je ne veux plus te voir à l’église. Tu as 48h pour quitter le pays. Mes rapports sur la croissance de l’église sont déjà faits et ce n’est pas toi qui va me casser.

Une fois ces paroles dites, le pasteur sortit et s’en alla. Hésitant, je ne sus si je devais l’accompagner. Nous étions tous déconcertés par son attitude.

Face à la tournure des événements, Aïcha accepta de coopérer. Toutefois elle refusa de renoncer à l’argent que lui devait Georges. L’ex faux prophète avait un visa américain encore valide. Il quitta le Mali le mardi dans la soirée pour les Etats-Unis, avec l’engagement d’y travailler et de rembourser tout ce qu’il devait à Aïcha. Il était aussi consentant de rencontrer les parents d’Adriana avant de la connaître.

Deux mois plus tard, le pasteur Brian lui aussi dut quitter Bamako d’urgence. La mission dont il était serviteur avait été mise au courant de ses préférences pour l’effectif et le montant des dîmes, au mépris d’une réelle prise en charge spirituelle des fidèles. Il fut informé qu’une équipe venait du Libéria pour situer les faits. 

Suite à la connaissance des vérités, les fidèles n’abandonnèrent pas la foi comme le pasteur Brian l’avait craint. Ils comprirent juste la nécessité de toujours garder les regards sur le Christ et non sur un homme ; ils comprirent que Dieu était à l’œuvre pour les établir sur le Vrai fondement. Ils comprirent que le pardon est plus grand que la rancune. 

La mission Libérienne trouva un remplaçant qui sut focaliser l’attention des fidèles sur le Maître Jésus et non sur lui-même. Son nom : Reverend Gordon Kane. Jusqu’à ce que nous quittions le Mali en Juin 2015, il était encore en poste et s’en sortait plutôt bien et avec les fidèles, et avec les autres missions chrétiennes implantées dans le pays.

Remarques finales

Confessions Troublantes de Georges, Faux Prophète Repentant est une fiction sur le faux prophète. Elle met en avant la miséricorde de Dieu envers le méchant et enseigne que Dieu est sans cesse disposé à accueillir le malheureux qui se repent. Toute ressemblance avec des faits ou des événements réels ne serait que pure coïncidence.

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ISBN de cette Nouvelle Imprimée: 9781520621036
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Titre de la version anglaise (gratuite) :
Startling Confessions of Georges, a Repenting False Prophet

Illustrations: Méli Métino Cédric Gaël, Monthe Paul
Publication : Tâ-Shalom Editions

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Code de cette édition : 0001-TSE-ABD-I-FR-02

Mises à jour: 11/10/2017